A la découverte de l'intérieur de l'église et de ses symboles

L’église possède de beaux objets et éléments décoratifs (certains protégés au titre des Monuments Historiques) qui ont résisté au temps ou aux séismes politiques. Il en est ainsi de la dalle funéraire, de l’autel, des cloches, du chemin de croix ; d’autres comme les vitraux de l’abside ou le coq sont plus récents (rubrique en construction).

La dalle funéraire de Pierre de la Vieuville et de Catherine de la Taste

Une dalle funéraire sculptée du XVIsiècle a été taillée en l’honneur des seigneurs de Chailvet, Pierre de La Vieuville, mort en 1569 et sa femme Catherine de La Taste de Montferrand, morte en 1555.

Ce chef d’œuvre de la Renaissance, en pierre bleue de Tournai (Belgique), est maintenant dressé sur le bas-côté gauche de l’église de Royaucourt-et-Chailvet. Mutilée à la révolution, cette dalle a été redécouverte au XIXe siècle.

Gouverneur de Reims, Mézières et du Rethélois, lieutenant d’une compagnie de 300 hommes et 400 chevaux, Pierre de la Vieuville eut une carrière militaire liée aux guerres contre Charles Quint en Champagne puis aux débuts des guerres de religion.

Seigneur de Givaudeau et Villemontry (Ardennes), chevalier de l’ordre du Roi lorsqu’il est reçu dans l’ordre de Saint-Michel le 25 décembre 1567, distinction réservée à trente-six seigneurs proches du roi Louis XI – son créateur en 1469 –  il fut aussi gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi Charles IX dès 1556.

C’est à sa demande que fut établi le Terrier de 1555, donnant 444 pages de renseignements précis sur Royaucourt-et-Chailvet, document précieux conservé aux Archives départementales de l’Aisne.

Avec son épouse, ils résidaient dans leur château féodal de Chailvet détruit en 1944. Ce château est désormais la propriété de Patrick de Buttet qui s’est attelé à sa reconstruction pendant près de 40 ans.

Les vitraux de l'abside

Il a fallu 100 ans pour que l’abside s’enlumine à nouveau de superbes vitraux contemporains, grâce à la volonté des Amis de l’église St-Julien de Royaucourt. Projet initié en 2008 et abouti en 2020, le triptyque de vitraux représentant le baptême du Christ par Saint Jean-Baptiste a été réalisé par l’atelier Berthelot (St-Pierre l’Aigle-02). Résolument modernes et de couleurs contemporaines, ces vitraux saisissent le visiteur ou le pèlerin dès son entrée et créent dans l’église une atmosphère de recueillement et de sérénité.

 

 

L'autel

Depuis 1970, année où fut promulgué par Paul VI le missel romain, la messe est célébrée face à l’assemblée. Mais jusqu’en 2007, l’église ne disposait que d’une table autel provisoire.

L’autel actuel a été donné par la commune de Tavaux-et-Pontséricourt à Royaucourt-et-Chailvet et Bourguignon-sous-Montbavin, propriétaires de l’église ; ce bel autel provient de l’église de Pontséricourt, église désaffectée et qui abrite désormais un mémorial de la tragédie de Tavaux (le 30 août 1944, vingt civils et un résistant sont massacrés  et le village de Tavaux presque entièrement détruit par les SS en représailles à une embuscade de maquisards).

C’est la Commission d’Art Sacrée, et en particulier deux de ses membres, Pierre et Françoise Potier, qui ont proposé cette donation suite au projet de la communauté catholique locale, du curé et du maire de Royaucourt-et-Chailvet de remplacer l’autel provisoire. 

L’ancien autel provisoire

L’autel avant rénovation

L’église de Pontséricourt

La restauration de l’autel a été effectuée par Alain Vignette, restaurateur basé à Anizy. Cette restauration, d’un montant de 2222 €,  a été financée pour  moitié par le Conseil départemental de l’Aisne et pour moitié par une souscription lancée par les Amis de l’église St-Julien de Royaucourt qui a mobilisé une vingtaine de donateurs.

L’autel est arrivé dans l’église la veille du retour du Saint Sacrement : le 15 juin 2007, une messe présidée par Mgr Marcel Henriot et concélébrée par le Père Trouslard et les abbés Georges Delattre et Philémon Muaba Diop Pumbu, fut l’occasion d’accueillir le Saint Sacrement, de bénir une plaque commémorative dédiée au Chanoine Fox et le nouvel autel. 

Lors de cette cérémonie, Mgr Marcel Henriot précisa la signification de l’autel dans la religion catholique : «  Celui-ci est en bois ; le bois rappelle la table, la table du repas, le bois de la Croix, l’arbre de vie, c’est le bois de la croix qui est devenu source de vie pour l’humanité. Le Christ s’est couché sur cette croix, il a donné son sang. C’est le signe absolu de Dieu qui s’est livré jusqu’au bout de l’évangile, jusqu’à l’extrême pour la vie du monde… Le Christ, à sa table, nous invite au repas de son alliance. Puis il y a l’autre symbole : l’autel c’est le sacrifice ; pour le christianisme, c’est Dieu qui se donne pour l’offrande du sacrifice en la personne du Christ lui-même pour sauver les hommes …. L’autel est le signe du Christ parmi nous… » (extraits de la Vie Diocésaine de Soissons – N°21 -1er novembre 2017)

Le tableau de l'Assomption

Peint au milieu du XIXesiècle, le tableau de l’Assomption de l’église Saint-Julien, inscrit en 2007 à l’inventaire du patrimoine mobilier des Monuments Historiques, a été rénové en 2018, à l’initiative de l’association des Amis de l’église Saint-Julien de Royaucourt.

 

Le sujet

Le Pape Pie XII établît le 4e Dogme marial en 1950. “…La Vierge immaculée… ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel…”. Cet épisode ne figure pas dans l’Evangile, mais il fait partie des croyances pour les Chrétiens depuis le IVe siècle. Cette fête est célébrée liturgiquement le 15 Août.

Description

Huit apôtres sont autour d’un sarcophage qui prend ici la forme d’un autel avec emmarchement. La Vierge s’élève au sommet d’une nuée accompagnée par deux anges, vers le ciel lumineux. Un des apôtres semble replier le suaire, à côté de roses déposées sur l’autel et à terre.

Analyse

Cette huile sur bois à sommet cintré est anonyme et porte la date du 15 juin 1850 – H: 220, L: 150 cm. Elle a été réalisée d’après les deux tableaux de Jean-Simon BERTHÉLEMY (1743-1811) l’un de 1766, l’autre de 1790. Ils sont exposés dans la Cathédrale de Laon. Ces deux œuvres du natif de Laon sont très nettement inspirées de celle de Philippe de CHAMPAIGNE, réalisée en 1629/30 et exposée au Louvre.

Origine de la commande

Ce tableau a été commandé par le curé de Saint-Julien de Royaucourt en place de 1828 à 1882. En effet L’Abbé SABLIÈRE a été le fondateur le 15 janvier 1831 de la Confrérie de la Sainte Vierge du Saint Rosaire, dont il sera le supérieur jusqu’à sa mort. Le siège de cette confrérie sera l’autel de la Vierge de notre église ; ce tableau devait s’y trouver.

Les cloches

Les cloches de l’église ponctuent la vie des citoyens en sonnant toutes les heures ainsi que lors de cérémonies religieuses.

Les registres paroissiaux donnent la date du 25 août 1718 pour le baptême de la grosse cloche nommée Françoise-Crépine, du nom de sa marraine épouse de Charmolue de la Garde, seigneur de Royaucourt-et-Chailvet. Le 1er mars 1789, à la requête du bailli de Vermandois, l’assemblée de Royaucourt-et-Chailvet fut convoquée à son de cloche « à la manière accoutumée ». Par ordonnance du 4 janvier, le roi avait décidé de réunir les Etats Généraux pour que “lui soient proposées les réformes à apporter dans le royaume…”Au prône de la messe paroissiale, lecture en avait été faire par l’abbé Lefèvre, curé de Royaucourt, et le texte avait été affiché à la porte principale de l’église.

 

  • 1789 : pendant la révolution, les 4 cloches sont fondues
  • 1850 : souscription pour les cloches
  • 9 juin 1851 : baptême des 3 cloches
  • 3 août 1914, les cloches de l’église, avec celles des villages voisins, sonnent à toute volée le tocsin annonçant le déchaînement du fléau qui allait ensanglanter l’humanité entière
  • 1916 : guerre de 1914-18, les 3 cloches sont emportées par les Allemands pour être fondues
  • 1921 : baptême de la cloche du milieu : Anne Marie Henriette
  • 12 avril 1931 : deux des cloches sont bénies par Monseigneur Mennechet évêque de Soissons : celle de Royaucourt, Philippine Zulma Marguerite Marie ayant pour parrain Hervé de Hennezel et pour marraine Madame Gadret, et celle de Bourguignon, Xaverine Louise Marie Thérèse ayant pour parrain le commandant de Buttet et pour marraine Mademoiselle Louise du Tartre.

Avec une des cloches datant de 1820 qui avait été retrouvée, ce sont celles qui maintenant encore sonnent les jours de fête ou de deuil…